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Théâtre sanglant. [ PV Myria ]

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MessageSujet: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Dim 15 Déc - 14:23

Edwin avait décidé de ne pas se compliquer la tâche, et paya allègrement le Capitaine du navire qui se rendait de l'autre côté du continent. Une tenue souple en cuir, agrémenté de fourrure, accompagnait son périple. L'eau était onduleuse, suivant l'écho du vent puissant qui guidait le bâteau. Cette eau était en quelque sorte annonciatrice des faits à venir, il faut toujours se méfier de celle-ci, surtout quand elle dort. Un marchand réputé dans les contrées de Ferboys s'était fait un ennemi, mais ça, il ne le savait probablement pas encore. C'est ce même ennemi qui avait requis l'aide des Sans-visage pour se débarrasser d'un concurrent gênant, certainement pour des raisons avares liées à la cupidité humaine. Des personnes consacrent leur vie toute entière avec pour seul objectif d'amasser une fortune conséquente. L'interessé en faisait sûrement parti. Néanmoins, Edwin n'avait pas reçu l'enseignement qui lui permettrait de dissocier le bien de l'injuste.  Après tout, il ne servait que le Dieu auquel il avait juré allégeance, et dès lors, il avait un contrat à honorer. Empoignant un morceau de viande séché, il contemplait de ses yeux bleus perçant l'horizon. Il ne se sentait pas en sécurité sur ce bâteau, inconsciemment, il ne se rendait pas compte qu'il refoulait une enfance ensanglantée. Un des marins vint à sa rencontre, essayant d'entamer un semblant de conversation. Notre assassin le contempla de haut en bas, ne remarquant chez lui qu'une hygiène déplorable et des dents particulièrement jaunâtres. Edwin s'enrôla dans l'une des matières pour laquelle il avait été entrainé, la manipulation. Ne ressentant aucune émotion particulière, il était contraint de simuler. Toute la gestuelle était parfaitement organisée pour ne dégager aucune faiblesse, et donner une touche sympathique au personnage qu'il incarnait, notamment par un sourire rendu à la précédente plaisanterie du marin. Il ne suffit que de quelques minutes de discussion pour que d'autres marins se joignent à la conversation, pour au final écouter les aventures faussement inventées d'Edwin. Le Capitaine finit par réquisitionner l'ensemble de l'équipage pour une manœuvre, laissant à nouveau notre assassin dans ses pensées.

Trois semaines s'écoulèrent, Edwin fut réveillé par les cris incessants d'un marin, annonçant que les terres de la Dorne était en vue. Son périple allait enfin pouvoir commencer. Il s'était fixé pour objectif d'avancer bourg après bourg, en direction de Ferboys. D'après ses calculs et les témoignages qu'il avait pu récolter en offrant quelques verres d'hydromel, il ne lui faudrait ni plus ni moins qu'une semaine pour atteindre sa destination. Il chevaucha un cheval précedemment loué, et galopa. Le trajet était pour certains long et éprouvant, mais lui avait été entrainé à surmonter la peine de la rigidité. Après tout, il ne fallait pas compter les heures quand il s'agissait d'assassinat. Rester sans se mouvoir dans un buisson pendant plusieurs heures étaient réguliers dans le milieu. Pour les nuits suivantes, il décida de s'offrir une chambre d'auberge, s'offrant les informations du peuple de la Dorne. Avec un peu d'alcool et les paroles justes, on est capable d'obtenir tout ce que l'on désire, absolument tout. Il s'était renseigné au sujet de son fameux marchand. Apparemment, le commerce concernait l'extraction et la vente de pierres précieuses. Rien de plus simple que de payer une institution de tueur avec les plus pures des pierres. Il allait devoir agir avec prudence, nulle doute qu'un marchand de cet envergure devait avoir des gardes sous la main pour protéger la demeure.

Le grand jour était enfin arrivé. Cela faisait plusieurs nuits qu'il analysait inlassablement les faits et gestes de la demeure de ce marchand. Il allait pouvoir mettre son plan à éxécution. Un véritable théâtre sanglant. Dans un soucis de détail, il avait laissé les deux gardes à l'entrée de la demeure en vie, afin de ne pas étayer les soupçons. Le reste de la demeure n'était plus qu'un orchestre mort. Il avait agit dans l'après-midi. On pouvait déceler l'emplacement exact et ce que faisait les personnes dans la maison avant leur mort, puisqu'Edwin avait fait en sorte de les maintenir dans leur position d'origine, même après leur mort. Le marchand n'avait étonnamment pas crié en voyant notre tueur la dague à la main, sachant pertinemment que sa mort était imminente. Il sortit d'un local une bourse remplie de pierres précieuses et la tendit à son assassin, lui suppliant d'exterminer la personne qui avait commandité sa mort. Edwin sourit à cette idée, c'était une fin original. Il accepta l'offre, puis agrippant sa victime par derrière, lui trancha la gorge. Au total, cinq personnes avaient été tué. Trois servants, la femme du marchand, et le marchand lui-même. Néanmoins, il remarqua cette femme. Probablement choquée par ce qu'elle venait de voir, elle ne cria pas, mais ne bougea pas non plus. Edwin était dans le même cas, il ne lui suffirait que de quelques secondes pour ne plus jamais en entendre parler. Mais ce visage, ce teint, et cette chevelure lui rappelait inconsciemment quelqu'un. Aussi resta t-il stoïque plusieurs secondes avant de reprendre conscience de sa mission d'origine. Il s'approcha d'un pas déterminé vers elle, l'attrapant par les joues d'une main sûre, et la plaquant contre le mur, la dague fermement tenue dans son autre main.

« Tu ne faisais pas partie du plan .. »
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Sam 21 Déc - 18:42

De plus en plus, elle songeait à s'en aller. Elle n'était pas encore fixée sur le quand et le comment, mais elle savait qu'elle ne pourrait pas rester dans la demeure familiale longtemps encore. Son père n'approuverait pas sa démarche, elle en était certaine. Malgré des refus répétés, il avait encore fait venir un noble chevalier au palais pour qu'il la courtise. Elle ne valait pas mieux qu'épouse d'un chevalier, c'était en tout cas ce que semblait penser son Seigneur de géniteur. Elle avait donc pris la décision de partir de chez elle, mais pour cela, il lui fallait de l'argent. Et si elle n'avait pas de devises, elle n'était pas en reste au niveau des bijoux. Ce matin, elle avait donc quitté sa chambre en cachait dans les plis de ses jupes des bijoux de valeurs qu'elle ne portaient quasiment jamais. Personne ne remarquerait leur absence, elle n'aurait qu'à dire qu'elle les avait perdus. Elle était vêtue de vêtements nobles mais urbains, un corsage ajusté en étoffe légère et d'amples jupons. L'étoffe n'était pas spécialement tape à l’œil, mais n'importe qui aurait vu qu'elle n'était pas une simple bourgeoise. Ne serait-ce que par les quelques fines broderies ici et là, ou l'arrangement méticuleux de sa chevelure. En ville, il y avait un marchand qui était réputé pour son commerce en pierre précieuse et qui pourrait sans doute l'aider en échangeant ces breloques brillantes contre une monnaie véritable, qui pourrait acheter une place dans un convoi marchand ou une traversée en bateau.

Arrivée devant sa boutique, elle reconnut l'enseigne. Gratifiant les gardes à l'entrée d'une salutation et d'un charmant sourire, elle poussa la porte. L'intérieur était silencieux, il n'y avait apparemment pas d'autres clients pour le moment. Elle se dirigea vers l'arrière boutique et, en traversant une pièce, elle aperçut un serviteur attelé à une de ses tâches. Il ne lui fallut pas longtemps avant de comprendre, devant son manque de réaction, qu'il était mort. Un frisson lui parcourut l'échine. Une part d'elle même lui criait de se précipiter à l'intérieur, d'avertir quelqu'un. Mais elle continua à pas feutrés, découvrant d'autres cadavres sur son passage. Soudainement, au moment où elle s'y attendait le moins, elle entendit une voix, dans la pièce d'à côté. Si proche et audible qu'elle failli sursauter. La voix de l'homme qu'elle était venue voir, suppliant quelqu'un de tuer la personne qui avait commandité sa mort. Par l’entrebâillement de la porte, elle assista à la mort, ou plutôt l'assassinat, du marchand. Elle était terrifiée et fascinée à la fois. L'assassin l'aperçut et la fixa, droit dans les yeux. Le temps sembla s'étirer à l'infini, comme s'ils étaient deux statues destinées à se regarder pour l'éternité. Puis, il s'approcha d'un pas rapide et, sans qu'elle ne parvienne à faire quoi que ce soit, l'attrapa par la gorge et la plaqua contre le mur. Elle avait douloureusement conscience qu'il tenait toujours une dague dans son autre main, bien affûtée si on en croyait le corps se vidant lentement de son sang au milieu de la pièce. Lorsqu'il s'adressa à elle, elle ne sut d'abord que répondre. Sa gorge était nouée et elle ne parvenait à décider s'il s'agissait d'une sentence de mort ou d'une intimidation. Mais peut-être ne le savait-il pas lui même. Tentant de réfléchir rapidement, elle serait sans doute déjà morte s'il avait réellement voulu la tuer. Il savait manifestement ce qu'il faisait et il aurait été parfaitement ridicule de tenter d'atteindre sa propre dague, glissée dans une de ses bottes. Alors puisqu'il décidait d'engager la conversation, lui répondre était sans doute la meilleure solution. Elle plongea à nouveau ses yeux dans celui qui était désormais quoi ? Son agresseur ? Des yeux bleus, profonds et tranquilles.


« Et vous ne faisiez pas partie du mien. »

C'était peut-être un peu abrupt pour quelqu'un dans une telle position de faiblesse, mais elle était trop stressée pour penser à quelque chose de correct. Elle ouvrit cependant la bouche une nouvelle fois et des mots s'en échappèrent avant que son esprit n'aie vérifié que c'était une bonne idée.

« C'est une manière de faire connaissance un peu particulière. Vous plaquez toutes les jeunes filles contre un mur dès la première rencontre ou c'est une occasion spéciale ? »
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Sam 21 Déc - 22:06

On le lui avait pourtant éperdument répété. Dans l'assassinat, l'erreur n'est pas permise, ce qui expliquait la répétition d'un exercice jusqu'au perfectionnement de celui-ci. Être maître de ses émotions faisait partie des bases. Un tueur tue, il n'est pas là pour réfléchir. Alors, pourquoi donc, dans le cas présent, en était-il incapable ? Edwin se contentait de la regarder à l'image d'un animal, humant son odeur. Du parfum, c'était certain qu'elle en mettait, et au vu de son apparat, il était probable qu'elle hériterait d'une petite fortune. Les yeux de notre assassin ne quittait pas ceux de la femme qu'il tenait à sa merci. Sa dague était pourtant prête à usage, mais il était incapable de fendre l'air pour la planter. Quelque chose, inconsciemment, le retenait. Le plus frustrant dans cette histoire, c'était qu'il lui était impossible de se remémorer ce dont il s'agissait. Des souvenirs enfouis, enfouis au plus profond de son inconscient, là où ils seraient incapable de lui faire du mal. On lui avait pourtant apprit qu'un être au précipice de la mort avait un fâcheux enclin à la panique. Cette femme s'avérait être la deuxième personne qu'il croisait en moins d'une journée qui contrariait cette règle. Elle avait l'air étonnamment calme, et répondit au regard dénué d'émotion d'Edwin. Il ne pu s'empêcher de laisser s'échapper un léger rictus, ainsi qu'un mouvement de sourcil interrogateur. Ce n'était pas de l'intimidation qu'il lisait, mais plutôt une tentative dans le but de s'affirmer dans une situation désespérée. Ni cris, ni larmes. Il resta ainsi prostré face à elle d'interminables secondes, ne daignant pas répondre sur le moment à la question de celle-ci. De toute manière, Edwin était avare de paroles. Moins il pouvait en dire, mieux c'était. La curiosité, c'était l'unique sentiment qui l'animait actuellement. Il relâcha doucement l'étreinte qu'il maintenait autour de la gorge de cette femme, puis la tira, non sans une certaine ardeur et rigidité, à l'intérieur de la pièce où il avait précédemment tué l'homme.

De là, il chercha à droite à gauche. Ses yeux se fixèrent sur une armoire, qu'il n'hésita pas à ouvrir, pour finalement en ressortir un manteau aux traits embourgeoisés. Il l'enfila sans plus attendre, boutonnant chaque attache, continuant de fixer cette femme de ses yeux bleus, et laissant perdurer son silence. Contrairement à ce que lui dictait son code, Edwin avait décidé de la laisser vivre, après tout, rien ne l'obligeait à la tuer, aucun contrat n'ayant été mis sur sa tête. Il regarda par la fenêtre, puis fit signe à cette jeune femme d'approcher. Il pointa du doigt les deux gardes devant l'entrée de la demeure, et ajouta dans un sérieux inébranlable :

«  Tu vas m'aider à sortir d'ici. »

Il conclut sa phrase par un sourire sournoisement forcé, continuant de  la scruter.
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Sam 28 Déc - 10:03

Pour la deuxième fois, son regard était fixé sur ses yeux bleus qui l'intriguaient et ne laissait entrevoir aucune émotion. Soudain le visage de l'homme s'anima, sa bouche s'étendit sur un rictus. Elle eut une petite pensée pour tous les rêves, tous les projets qui l'attendaient. Il était toujours silencieux cependant, mais pourquoi se fatiguer à répondre à une futur victime ? Elle aurait peut-être du faire demi tour quand elle avait découvert le premier cadavre, quand il était encore temps, mais ça n'aurait pas fait beaucoup de bien au final. Les gardes y seraient sans doute passés eux aussi et peut-être qu'il aurait tout de même fini par la retrouver. Elle se demanda pourquoi elle n'était pas plus paniquée, mais qu'est-ce que ça aurait changé ? Elle n'était pas une grande guerrière et bien qu'elle sache courir vite, sa tenue ne lui en laissant pas vraiment la possibilité. Alors qu'elle se demandait ce qu'elle pourrait bien faire pour s'extraire de cette situation, elle sentit la pression de sa main se relâcher, puis l'inconnu la tira vigoureusement à l'intérieur de la pièce où gisait toujours le corps du marchand. Une honte, personne n'arriverait à ravoir ce parquet, pourtant splendide. Elle ne dit rien et ne fit rien, espérant se faire oublier. Elle se contenta de l'observer. Elle afficha un regard perplexe lorsqu'il se mit à fouiller les meubles de la pièces pour finalement se concentrer sur une garde-robes. Persuadée qu'il cherchait de l'or ou une quelconque cache, elle fut encore plus surprise lorsqu'il en sortit un manteau, assez chic. Il se mit à l'enfiler, et elle commença à comprendre. Elle s'aperçut qu'il la dévisageait et, réaction tout à fait appropriée à d'autres situations mais absolument pas à celle-ci, elle rougit. Un peu seulement, mais ce n'était pas vraiment le genre de réaction qu'elle aurait aimé avoir. Lorsqu'il fut complètement habillé, il regarda par la fenêtre et lui fit signe de s'approcher. Elle obtempéra prestement et il lui montra les deux gardes, toujours postés au même endroit. Lorsqu'il lui annonça, brisant enfin le silence, qu'elle allait l'aider à s'enfuir, elle comprit où il voulait en venir, mais son plan lui paraissait un peu léger. Quitte à aider un meurtrier à échapper à la justice, autant le faire correctement.

« Les gardes m'ont vu entrer seule, cela leur paraîtra étrange que je ressorte accompagnée. Surtout par quelqu'un qu'ils n'ont jamais vu de leur vie. »

Peut-être bien qu'elle sortirait d'ici vivante finalement. Mais elle n'osait pas espérer, elle préférait se dire qu'elle était toujours bien portante ici et maintenant, ce qui n'était déjà pas si mal. Si elle s'en sortait, elle aurait vécu une aventure (en quelques sortes) digne de s'en souvenir. C'était déjà pas si mal. Elle posa une main sur son poignet orné d'un bracelet de bois blanc et demanda aux Dieux de l'aider, si ils le pouvaient.
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Sam 28 Déc - 14:48

Il avait décidément du mal, aujourd'hui, à suivre la psychologie de cette dame. Edwin ne tentait pas spécialement de la mettre mal à l'aise, ou de l'effrayer, mais la première réaction d'une femme face à son potentiel tueur n'était certainement pas de rougir, du moins c'est ce qu'on lui avait enseigné. Il allait devoir remettre en question tout ce qu'on lui avait apprit, l'exception existe toujours, et cette dame devenait de plus en plus intéressante. Néanmoins, il fut déçu de la réponse de celle-ci face à son précédent engouement à quitter les lieux. Bien entendu qu'il avait déjà songé à l'idée de se faire prendre de la sorte, aussi leva t-il les yeux au ciel, montrant clairement son exaspération. Il fallait comprendre que les précédentes semaines avaient été d'un ennui morose, et après un assassinat d'une équivalente qualité, Edwin avait envie de jouer. Un jeu à double tranchant, et qui ne menait qu'à deux issues : la mort des deux gardes ou la survie de tous. Il détourna son regard sur la nappe ensevelissant le bureau, et essuya avec celle-ci le surplus de sang sur sa dague. Son attention était exclusivement porté sur cette dame, il avait la conviction qu'elle allait pouvoir égayer sa journée. Notre assassin finit par se poster devant elle, profitant du silence pesant pour la dévisager à nouveau. De sa main gauche dans laquelle il empoignait sa dague, il montrait la direction de la sortie du bureau, et de sa main droite placée dans le bas du dos de cette dame, il l'invitait à se hâter légèrement. Edwin enfila le capuchon placé sur le manteau, afin d'obscurcir son visage et d'être méconnaissable. Il dissimula la dague qui avait servi à tuer le propriétaire des lieux et ses occupants dans sa manche droite, pour des questions d'accessibilités. Rien de plus simple que d'empoigner une dague fraîchement glissée pour trancher une carotide rougissante. L'idée même d'être contraint de tuer ces deux gardes par le manque de conviction de cette dame l'excitait au plus haut point, aussi se mordit-il la lèvre inférieure. Edwin bloqua la porte menant vers l'extérieur avant que cette dame ne l'ouvre puis, toujours derrière elle, lui chuchota à l'oreille :

« J'espère très sincèrement que vous saurez vous montrer convaincante. L'hypocrisie est une des matières que l'on apprend dès l'enfance dans votre milieu, hmm ? »

Il patienta quelques instants, prenant soin de trouver les mots qui seraient susceptibles de la toucher. Les Sans-Visages étaient liés par un code, différent de l'honneur chevaleresque, mais qui dictait certains agissements de leur conduite. Cette dame allait dès lors découvrir l'une de ces règles :

« Sachez seulement que je vous serai redevable pour chaque vie sauvée. »

A partir de là, il ouvrit lui-même la porte afin qu'elle puisse sortir. Une touche de galanterie avant le début d'un jeu dont seule cette dame pouvait décider le sort.
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Jeu 2 Jan - 12:15

La situation dans laquelle elle se trouvait lui paraissait presque irréelle. Elle suivit tranquillement quand il pointa sa dague vers la sortie de la pièce et sursauta à peine quand elle sentit la main se poser au bas de son dos. Elle hâta le pas, se doutant que c'était là le message silencieux. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, il l'encouragea d'une étrange manière, mais tout était étrange pour le moment, elle ne s'en préoccupa pas outre mesure. Elle n'ouvrit pas immédiatement la porte néanmoins. Puisqu'il lui avait adressé la parole, elle estima qu'elle avait le droit de lui répondre.

« Oui, ça ne devrait pas poser de problème... J'ai une idée pour vous faire sortir d'ici, par la porte d'entrée, sans même devoir faire face à la méfiance des gardes. » lui dit-elle en murmurant, de peur que le son de sa voix ne traverse l'épaisse porte de bois.

Elle était une Ferboys, personne ne devait être au courant qu'elle connaissait un criminel. Si elle n'était pas certaine de pouvoir le faire passer devant eux sans qu'ils ne s'en aperçoive, l'inverse serait assez simple. Elle n'avait même pas besoin de créer une diversion, la maison remplie de cadavre serait bien assez troublante pour ceux qui étaient supposés la garder. Les faire se précipiter jusqu'au cadavre de leur maître serait d'une facilité déconcertante. Pendant qu'il lui ouvrit la porte, elle lui murmura une dernière chose :


« Cachez-vous. »

Elle espérait qu'il la suivrait, parce qu'une fois que les gardes se seraient enfoncés dans la maison pour juger de l'étendue des dégâts, il serait si simple de sortir, par la porte et de se fondre dans la foule. Si on lui posait la question, elle n'aurait qu'à dire qu'elle avait été trop choquée pour rester ici. C'était plus crédible que de passer devant eux, toujours en poste, en faisant semblant que rien n'était arrivé. Si elle mentait honorablement, elle avait appris une règle assez importante dans cet art : les bons mensonges ont une part de vérité. Les gardes regardaient vers l'extérieur. Elle pris une tête sous le choc, au bord des larmes. Elle la maîtrisait assez bien et cette mine avait réussit à duper son propre père quelques fois. Elle fit un pas en avant. Ils se tournèrent vers elle, leur visage marquant une inquiétude croissante.

« Maître... Maître Dickon. Il... a été assassiné. »

Ils lui demandèrent où cela s'était passé et elle leur indiqua l'étage. Tête baissée, ils s'y précipitèrent. Elle était une personne de confiance, après tout. Elle ignorait si c'était pour arrêter l'assassin ou pour piller ce qu'il y avait dans son bureau qu'ils y allèrent avec tant d'empressement. La porte toujours ouverte elle murmura à nouveau, pendant que le bruit lourd des pas des épées louées résonnaient dans la maison.

« Maintenant serait un bon moment pour y aller. »
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Ven 17 Jan - 21:20

Elle n'avait pas eu l'air de relever la pointe de moquerie contenue dans l'un de ses dires. Edwin plaça cela sur le compte de la frayeur, et continua sa démarche lié à son petit jeu. Aussi fut-il surprit lorsque son mouvement d'ouverture de la porte fut coupé dans son élan par cette jeune femme. Elle lui énonçait clairement un plan plus attrayant pour lui afin de s'enfuir discrètement. Mais se confronter à ces gardes était justement ce qu'il désirait. Après tout, il avait décidé de la laisser agir comme bon lui semblait. La seule règle qu'il avait énoncé à cette dame, c'était d'agir avec la fourberie hypocrite du milieu de la bourgeoisie. Il gardait la bouche ouverte, un mélange entre l'étonnement et l'amusement était clairement visible. Edwin se contenta de reculer de deux pas afin de se placer dans le creux que formait le rabat de la porte sur le mur. L'obscurité finirait le travail. Il ferma les yeux et concentra ses sens sur l'ouïe, dans l'unique but d'écouter avec précision le déroulement des évènements. Si elle parvenait, avec succès, à éloigner ces deux gardes de sa personne, notre assassin serait dans l'obligation de lui rembourser une dette. Il perçut un écho mêlant panique et tristesse dans la voix de cette femme. Il ne pouvait s'empêcher de sourire à cette idée, elle jouait magnifiquement bien la comédie. Une véritable pièce de théâtre sanglante, avec pour rôle secondaire, deux nigauds en boite de conserve qui se hâtaient de rejoindre la pièce où gisait un corps ensanglanté.

Il s'écarta de l'encolure de la porte, et sans réellement attendre la fin du murmure de celle-ci, glissa son bras dans celui de cette femme afin de se diriger vers l'extérieur. Son mouvement était souple, rapide, et surtout agile. Edwin voulait donner, durant cette scène, et pour la populace, l'image d'un jeune couple. A vrai dire, cela rendait plutôt bien si on exceptait les bottes grossièrement faites en cuir de notre tueur, qui ne collait pas vraiment à ce qu'on pouvait espérer d'un homme accompagnant une lady. Le manteau qu'il avait dérobé en revanche sied d'avantages à la situation. Après une accélération dans le but de s'éloigner de la scène de crime, notre assassin se décida finalement à reprendre une démarche bienséante pour se mêler à la foule. Il réfléchissait beaucoup. A vrai dire, aucun des manuels qu'il avait pu lire ne l'avait réellement préparé à cette situation. C'est le plus naturellement du monde, et sans se soucier du fait qu'il y a encore quelques minutes, il avait égorgé une personne, qu'il lui demanda :

« Avez-vous faim, dame ? Il me semble que réside une auberge à deux ruelles d'ici. »

Et sans se soucier en réalité d'une réponse simultané, enchaîna par une seconde question.

« Puis-je connaître votre nom ? »

Il ne cessait de la fixer de ses yeux bleus. Elle l'intriguait.
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Mar 21 Jan - 14:02

Vif et agile, il sortit de l'ombre et l'entraîna dans la rue, son bras glissé sous celui de Myria. Le pas était rapide, même si les gardes seraient sans doute occupés à fouiller la maison à la recherche de l'assassin (ou de l'or de la victime), elle comprenait qu'il préfère se trouver le plus loin possible lorsqu'ils ressortiraient. Après avoir pris quelques tournants et avoir mis une bonne distance entre eux et la boutique ensanglantée, il lui fit ralentir l'allure, le rythme de leur pas devenait ceux d'une promenade. Elle se demanda ce qu'elle ferait si les gardes allaient rapporter qu'elle se trouvait dans la boutique... Répondre qu'elle avait été tellement sous le choc qu'elle n'avait pu rester là serait la meilleure solution. Elle était supposée ne rien savoir et elle jouerait à l'idiote. Ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'elle s'y adonnait. Son compagnon, le plus grand mystère encore irrésolu de cette journée, était soudainement devenu prévenant et charmeur, bien que ses yeux soient toujours aussi calmes et aussi bleus.

« Je vous l'offre volontiers : Myria Ferboys, fille du seigneur de ces terres. Et je vous en prie, je suis toujours une damoiselle. »

Il lui avait posé une autre question avant celle là et elle lui répondit avec sincérité, bien que sur le même ton ampoulé qu'il avait décidé d'emprunter. Après tout, c'était lui qui tenait la dague. Si il lui demandait de miauler, elle lui répondrait "Quelle espèce, messire ?" Elle tenait à sa peau et visiblement, avait de bonnes chances de la garder intacte. Alors elle préférait que ça reste comme ça. Sans trous nulle part, non merci. C'était vraiment étrange comme situation. D'un côté, elle savait pertinemment bien qu'il était capable de la tuer dans l'instant, sans le moindre état d'âme, si cela s'avérait nécessaire. Cela ne l'empêchant pas d'être intéressant et plutôt fascinant, elle avait toujours eut un problème pour détester les gens intéressants. Même quand elle aurait du et que tout lui dictait de s'en éloigner. Aimablement et avec un sourire charmé, elle accepta son invitation à manger. Après tout, ils étaient supposés passer pour des gens normaux en balade, non ?

« Cela dit, j'accepterai volontiers de me restaurer avec vous. »

Cela pouvait paraître étrange après avoir vu un homme se vider de son sang, mais elle avait faim. Ce n'était pas comme si elle n'avait jamais vu du sang auparavant. En tournoi, les blessures, même graves, n'étaient pas rares, et les escarmouches avec les hommes du Bief ou de l'Orage avait déjà ramené des hommes en piteux état à Ferboys. Elle était donc bien décidée à le suivre, que ce soit une question de faim, de curiosité mal placée ou d'envie d'aventure.
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Ven 24 Jan - 22:17

Il s'était préparé à toutes les éventualités, mais avoir cette femme sur le dos n'en était à l'origine pas une.Edwin s'étonnait minute après minute de ses faits et gestes, ainsi que de ses réponses pour le moins déroutantes. Elle gardait pertinemment son calme malgré les récent évènements, l'avait aidé à s'enfuir après un assassinat des plus sanglants, et acceptait désormais son invitation. La dague qu'il gardait dans sa manche, prête à trancher, en était probablement pour quelque chose, du moins pour les deux derniers faits cités. Mais elle n'expliquait en rien cette attitude décontractée. Au contraire, un malaise tenace aurait dû s'installer, mais il n'en était rien. Elle répondait à ses questions comme si tout ce qui s'était déroulé auparavant n'avait jamais existé. En réalité, Edwin aimait cette sensation d'imprévisibilité. Savoir qu'une personne ne réagirait pas comme les livres les lui avaient enseigné. Il se disait que les choses devenaient de plus en plus interessantes. Qui plus est, il était en compagnie d'une dame de la noblesse peu commune, puisqu'elle était en réalité la fille du seigneur des environs. Il allait devoir être prudent pour ne pas se faire remarquer. Une dame de son rang dans une simple auberge n'allait pas passer inaperçu. Il n'avait pas vraiment prit la peine de continuer un semblant de conversation durant les minutes de marche qui les séparaient de l'auberge, bien que la bienséance l'imposait.

Il l'avait invité à entrer, et à prendre place à une table, imitant une courbette presque moqueuse lorsqu'il désira l'installer à une table. Même si la discussion n'était pas son fort, il connaissait quelques bases de bonnes manières, bien que le lieu ne témoignait pas d'un profond respect sur le sujet. L'ivrogne endormi sur une table, les saoulards trinquant au gré des chansons, pullulaient dans ce genre d'établissement mais cet après-midi faisait probablement l'exception. Edwin salua brièvement l'aubergiste, lui demandant de quoi les rassasier, mais surtout, son meilleur vin. Il voulait faire bonne impression mais il se doutait bien que le meilleur des vins de cette auberge n'égalerait pas le plus mauvais de la demeure de cette dame. Il revint ensuite à la table avec deux verres. Le sien était rempli d'eau, tandis que celui destiné à cette femme contenait le fameux breuvage de vinasse. Edwin prit le temps de s'humidifier le palet, serein, avant de la fixer à nouveau dans les yeux.

« Ces deux vies que vous avez sauvé vous sont désormais redevables, et c'est par ma main qu'elles rendront grâce. Je vous fais cadeau de deux noms. Que ce soit des personnes que vous haïssiez, ou même des amis, je me ferai un plaisir de les faire taire. »
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MessageSujet: Re: Théâtre sanglant. [ PV Myria ] Jeu 13 Fév - 17:33

Manifestement, elle avait affaire à un homme d'actions plus que de mots. En silence, maintenant les apparences d'une ballade amicale ou romantique pour quiconque les voyait passer, elle le suivit jusqu'à une auberge. Le peu de mots qui lui échappaient étaient néanmoins polis, comme s'il avait été impressionné par son ascendance. L'auberge, cependant, n'était pas le plus gracieux des lieux. Elle avait vu pire, en de rares occasions, mais elle n'avait pas l'habitude de visiter des endroits pareils. Son compagnon commanda de quoi manger et le meilleur vin de l'établissement et elle fut soulagée de ne pas avoir à boire de la bière. Elle remarqua que lui même n'avait pas pris d'alcool et se contentait d'eau. Il recommença à la fixer, droit dans les yeux et lui annonça qu'il lui devait deux vies... Deux assassinats ? Bien qu'elle ne souhaitait aucun mal à sa fratrie, avec quelle facilité cela lui permettrait de prendre la tête de la maison ! Elle n'avait pas spécialement d'inimité qui pourrait justifier une telle action cependant. Pas de personne mettant sa propre vie en danger ou dont la mort pourrait représenter un avantage immédiat.

« Voilà une intéressante nouvelle. Suis-je obligée de les prononcer maintenant, ces deux noms ? Ou pourrais-je vous les glisser à l'oreille plus tard ? »

Bien qu'elle pensait à la possibilité d'un poison, vu que c'était tout de même un assassin qui avait été lui chercher son verre, elle se dit qu'après tout, s'il décidait d'en finir avec elle, elle n'aurait aucune chance de s'en sortir. Aussi, elle prit une gorgée du breuvage devant elle. Ni délicieux ni complètement horrible, cela lui convenait assez pour le moment. Elle attendait le repas avec une certaine impatience.

« Pourrais-je savoir à qui ai-je l'honneur, mon cher ? C'est assez étrange de continuer à vous appeler messire. »

Qu'il serait plaisant de mettre un nom, même un nom inventé ou falsifié, sur ces étranges yeux bleus.

[HJ : milles excuses pour l'attente et milles excuses pour le post court, mais je l'espère chouette à lire et un peu inspirant ! Mon internet fait juste n'importe quoi (la samba, des plants de fraises, n'importe quoi vraiment !) sauf me connecter à internet apparemment...]
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Théâtre sanglant. [ PV Myria ]

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